Je ressens donc je suis

Dernière mise à jour : 30 mars

Mon corps et moi, ce n'est pas toujours exactement une histoire d'amour...

Mon corps c’est ce qui m’ancre profondément dans le réel. Et ça, ça peut être très frustrant et même douloureux. Parce que moi, j’ai des élans, des envies illimitées dans un corps... limité. Je n’ai pas envie de ressentir ma fatigue, j’ai envie de connaitre la fin du film ou de bien terminer ce dossier qui doit absolument être bouclé avant demain. J’ai envie de me sentir libre, de pouvoir sauter et courir, pas de ressentir que mon genou est douloureux et que la gravité est impitoyable.

Pire, de rides en petites rondeurs, mon corps me rappelle constamment ma vulnérabilité et mon imperfection. C’est très inconfortable. Tout au fond, il me rappelle qu’un jour je vais mourir et ça, j’ai vraiment beaucoup de mal à le concevoir.

La brise légère et salée du bord de mer, la chaleur lumineuse du soleil du matin, le parfum sensuel du jasmin, dans mon expérience c’est pourtant bien mon corps qui me permet de me sentir profondément vivante, d’expérimenter la vie avec tous mes sens. À pleines dents! Vous l’avez peut-être perçu au travers de notre récente expérience de confinement : la vie virtuelle et la vie réelle n’ont pas tout à fait le même goût ni la même consistance. Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je ressens. C’est la conscience de mon propre corps qui me permet d’habiter pleinement le monde et l’instant présent. Comme le dit le maître vietnamien Thich Nhat Hanh, si je perds la conscience de mon corps, alors je rêve, je ne suis plus.

Ma croyance personnelle, c’est que dans dans mon corps tout est fait pour servir, pour protéger la vie et la mienne en particulier. Jusqu’à la douleur qui existe pour préserver ma santé. J’ai tellement de gratitude et d’émerveillement quand je me relie à ça!

Du matin au soir pourtant je peux me surprendre à tenter de nier les messages de mon corps : je n’ai pas envie de sentir le froid qui me traverse quand je file en vélo. Je n’ai pas non plus envie de me sentir malade.

J’aimerais beaucoup vous proposer au contraire d’écouter votre corps, de lui faire pleinement confiance. De ne plus vivre de conflit entre votre tête et votre corps.

Mon expérience personnelle, c’est que mon corps perçoit bien avant moi ce qui est bon pas pour moi. Il y a comme une profonde intelligence du corps: il sait ce dont j’ai réellement besoin.

Je risque beaucoup à ne pas l’écouter : certaines douleurs, maux de dos, torsion dans le ventre, voir certaines maladies (pas toutes bien sûr !), sont les tentatives désespérées de mon corps de me faire enfin entendre ce que j’ai tellement besoin d’entendre. Je ne suis peut-être pas en train de faire ce qui a du sens pour moi. Et moins je l’écoute, et plus le message s’intensifie. Jusqu’à ce qu’enfin je m’arrête (burnout, dépression, pépin de santé sévère…)


Ne me croyez pas, expérimentez ! Je vous invite à essayer d’accueillir dans les jours prochains les messages de votre corps à les laisser vous guider. Et j’ai envie aussi de vous inviter à ne pas vous laisser décourager par l’inconfort. Comme l'écrit Thomas d'Ansembourg, être heureux ce n’est pas nécessairement confortable.

Un dernier mot : ce chemin peut être un peu difficile, surtout au début. N’hésitez pas à vous faire accompagner ou à suivre des formations. Des professionnels compétents (en communication non violente ou pleine conscience par exemple) peuvent vous apporter un soutien précieux.

Bonne route !


 

Envie de soutien sur le chemin de l'éducation bienveillante? Découvrez les ateliers du Labo du Lien...

57 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout